05 juillet 2022


 Les pages du blog

  • Qui sommes-nous : tout est dans le titre !
  • Nous rejoindre : comment et pourquoi adhérer à l'association.
  • La municipalité et nous : face à l'ampleur et à l'urgence des défis écologiques, nos gestes individuels ne peuvent suffire. Nous avons besoin d'actions collectives, et donc des élus locaux. Ici vous pourrez suivre l'historique et les résultats de nos rencontres avec eux.
  • Nos ateliers : des infos pour pratiquer la transition écologique au quotidien.
  • Ils et elles nous inspirent : des liens vers les livres, blogs, films et vidéos qui aident à avancer.
 

Le fil d'actualité (ci-dessous)

Autres acteurs de la transition, billets d'humeur, autres territoires ...

01 juillet 2021

Rapport de la Ligue pour la Protection des Oiseaux sur la commune de Bruges

La Ligue de Protection des Oiseaux a remis en avril 2021 à la municipalité de Bruges un rapport que celle-ci lui avait commandé, intitulé « ACCOMPAGNEMENT EN FAVEUR DE LA BIODIVERSITÉ À BRUGES ».

La LPO consacre son activité à la protection des oiseaux et de la petite faune, à la préservation des espaces naturels et à la sensibilisation aux questions environnementales.

Nous devons cette mise en relation à une brugeaise membre de la LPO et de notre association Bruges Urgence Transition.

Dans son rapport que nous avons pu consulter, la LPO analyse les différents paysages de Bruges et les espèces qui y vivent, pour en tirer un certain nombre de préconisations.

Quels sont les constats de la LPO ?

S’il est nécessaire d’empêcher la réduction des espaces où vivent des espèces rares (réserve naturelle par exemple), il faut aussi connecter entre eux les espaces de nature ordinaire, créant ce que l’on appelle des trames. On parle de trames vertes concernant les continuités végétales, bleues pour les plans et cours d’eau, noires pour les axes non éclairés la nuit (ou qui devraient l’être).

La biodiversité est aujourd’hui mieux prise en compte dans les espaces publics, grâce notamment à la la gestion écologique des espaces verts par les services métropolitains, même si des progrès restent à faire.

Quant aux espaces privés, ils constituent un enjeu fort. La raréfaction et l’enchérissement des parcelles constructibles incite en effet propriétaires et aménageurs à y construire aussi densément que possible, donc à minéraliser et à réduire ainsi les espaces de vie des espèces sauvages.

Les préconisations de la LPO

Sur l’espace public elle distingue des actions de conservation, d’aménagement, de gestion et de pédagogie. Elle cite le parc Ausone en exemple de ce qu'il faut reproduire ailleurs [NDLR : son aménagement et son mode de gestion avaient été confiés à une paysagiste assistée d'une écologue].

Conservation des habitats naturels de la faune

-          réserve naturelle.

-          parcs.

-          plans d’eau.

-          espaces non bâtis.

 Aménagements

-          rendre perméables entre elles les zones de vie sauvage (par les trames décrites plus haut) ; la présence de végétation et d’eau renforcera en outre les ilots de fraîcheur, précieux contre le réchauffement climatique.

-          désimperméabiliser et végétaliser les délaissés de voirie.

 Gestion

-          systématiser la fauche différenciée (c’est-à-dire bannir les tontes rases).

-          planter haies et buissons.

-          laisser les bois morts sur place.

-          éviter les jachères fleuries de plantes non endémiques (venues d’ailleurs).

Pédagogie et sensibilisation

La ville porte la responsabilité d’impliquer ses habitants dans la gestion écologique des espaces publics, mais aussi de l’inciter à reproduire les bonnes pratiques dans les jardins privés.

 -          multiplier conférences, balades urbaines, visites de sites.

-          communiquer sur le permis de végétaliser que propose Bordeaux Métropole à ses communes-membres, concédant aux habitants la possibilité d’investir et de cultiver des parcelles publiques à proximité de leur domicile.

-          former une personne référente pour répondre aux questions des habitants, par exemple un membre de Bruges Urgence Transition !

Afin d’atteindre l’espace privé et en attendant un éventuel coefficient de biotope imposé par le Plan Local d’Urbanisme, la LPO propose d’instaurer au niveau municipal un coefficient minimum de végétalisation, qui sera soumis aux aménageurs et aux particuliers.

Elle préconise également des ajouts à la charte paysagère existante :

-          renforcer la présence de haies mellifères et endémiques.

-          rendre les clôtures perméables à la petite faune.

-          réduire la pollution lumineuse.

-          intégrer aux bâtiments construits ou rénovés des cavités ou perchoirs pour les animaux présents.

-          installer des nichoirs fabriqués où manquent les nichoirs naturels.

Enfin, la ville doit travailler avec les entreprises à un aménagement des zones d’activités, qui soit lui aussi plus favorable à la biodiversité.

Que peut faire Bruges Urgence Transition ?

Nous continuerons à provoquer des rencontres avec la municipalité pour que les préconisations de la LPO soient transformées en mesures concrètes et inscrites dans le calendrier municipal.

04 avril 2021

On ne négocie pas avec le climat

Sur le Pont de Pierre à Bordeaux, le 28 mars 2021

C'est ce qu'ont appris les 150 membres de la Convention Citoyenne pour le Climat, tirés au sort en 2019 puis formés à ces sujets par des experts.

Selon les promesses du Président de la République, ce qui allait sortir de leurs travaux devait être "soumis sans filtre soit au vote du Parlement, soit à référendum, soit à application réglementaire directe". Il le fallait, car on ne négocie pas avec les lois de la physique.

Mais le gouvernement a finalement transigé. Dans le projet de "Loi Climat" qu'il vient de remettre à l'Assemblée Nationale, 90% des propositions votées par la Convention Citoyenne ont disparu.

Malgré les 7200 amendements déposés par les députés d'opposition, malgré la condamnation en justice de l'Etat pour inaction climatique, malgré de nouvelles marches partout en France le 28 mars dernier, il est déjà évident que la France accouchera d'une loi qui ne lui permettra pas d'atteindre l'objectif fixé par les accords internationaux de Paris sur le climat en 2015 : maintenir le réchauffement planétaire en-deçà de 2° supplémentaires.

Lorsqu'un vendeur et un acheteur négocient, l'enjeu est juste un bénéfice plus ou moins important pour l'un et l'autre. Mais la climatologie est une science et non un commerce. Un degré de trop de température moyenne terrestre, et c'est le franchissement de seuils irréversibles et le déclenchement de cercles vicieux qui conduiront l'humanité tout entière à la catastrophe.

Nous n'avons donc pas le choix, pas plus que nous n'avons celui des moyens à mettre en œuvre pour ne pas dépasser les 2° . Selon les experts de Carbone 4, nos gestes individuels pris ensemble résoudront 25% du problème et c'est donc l'action collective qui doit prendre en charge les 75% restants, autrement dit l'action du pouvoir politique et des entreprises.

Lors des élections municipales de 2020, Bruges Urgence Transition a collecté les attentes des Brugeais-es en matière d'écologie et les a soumises aux candidats, afin qu'une action collective locale soit menée (sur laquelle l'association reviendra).

Lors des élections régionales et départementales cette année, puis des présidentielles l'année prochaine, le programme de celles et ceux que nous élirons devra épouser au minimum les conclusions de la Convention Citoyenne pour le Climat. Ne nous trompons pas de bulletin de vote, car l'erreur nous serait fatale.

On ne négocie pas avec le climat.

21 octobre 2020

Un calculateur d'autonomie alimentaire


Pendant la campagne des municipales, BUT s'interrogeait sur notre autonomie alimentaire. L'outil de mesure CRATer que proposent Les Greniers d'Abondance confirme malheureusement nos inquiétudes, concernant les territoires métropolitains dont Bruges fait partie.

Agriculture durable et préservation de la biodiversité sont intimement liées, que ce soit par l'action des insectes pollinisateurs, la moindre propagation des maladies dans les cultures lorsqu'elles sont diversifiées, ou l'action protectrice de certaines plantes entre elles. 

Conscients des enjeux, les experts et élus qui avaient contribué pendant 3 ans à la démarche BIODIVER'CITE de Bordeaux Métropole, ont conclu lors de la journée "Territoire engagé pour la nature" du 6 décembre 2019 qu'il fallait viser désormais le "zéro artificialisation nette" des sols.

Mais pour que cet objectif ne reste pas une incantation, et que ce qu'il reste de foncier non bâti soit exclusivement consacré à culture saine et vivrière, encore faut-il que chacune des municipalités entre dans l'action. Car il faut le rappeler, elles seules sont décisionnaires sur leur sol et non l'intercommunalité, même si plusieurs élus de sensibilité écologiste y siègent à présent .

A Bruges comme ailleurs le conseil municipal dispose de marges de manœuvre que nous avons recensées dans notre manifeste Bruges, Gironde, quelle transition écologique ? A nous habitant-e-s de veiller à ce que ses décisions soient prises en ce sens. 

22 avril 2020

Un vaccin puissant : la transition écologique


 
Le système craque et nous ne devons pas le restaurer à l’identique, car il renferme des dangers encore plus grands que ceux du Covid-19 :
  • Les chaînes d’approvisionnement qui viennent de se rompre, parce que gérées à flux tendus avec des pays lointains, portent aussi en elles le réchauffement climatique et l’épuisement des ressources.
  • La déforestation et le trafic d’animaux sauvages, sans doute à l’origine du contact avec ce virus inconnu de nos systèmes immunitaires, sont également des causes majeures de l’effondrement de la biodiversité.
  • La combinaison des gaz émis par les moteurs et de ceux issus des épandages agricoles produit des particules qui aggravent les effets du nouveau virus. Or, que ce soit séparément ou par « effet cocktail », leurs effets délétères sur l’ensemble des organismes vivants étaient déjà connus.
  • La recherche de rentabilité de notre système de santé, qui a conduit nos soignants à travailler aujourd’hui dans des conditions indignes, illustre parfaitement les dégâts de la marchandisation de nos communs. Les services publics en général et la santé en particulier sont des communs, au même titre que l’air que nous respirons ou l’eau que nous buvons.
Ne nous y trompons pas, les oiseaux que l’on entend à nouveau chanter dans les rues de Paris, ou les nuages de pollution qui s’estompent sur les images des satellites, ne doivent pas nous laisser croire qu’il suffit de tout arrêter quelques jours pour revitaliser la planète. Les espèces disparues ne réapparaîtront pas, et les tonnes de CO2 que nous avons déjà larguées dans l’atmosphère sont là pour un siècle. Mais en toute logique et puisque les causes sont les mêmes, c’est en évitant de provoquer des catastrophes écologiques que nous éviterons aussi de reproduire des catastrophes sanitaires.
Il est donc temps d’enclencher une bonne fois pour toutes une véritable transition écologique et solidaire, qui ne soit ni une nouvelle tentative de négociation avec la nature, car la nature ne négocie pas, ni une opération de marketing vert, car le climat n’est sensible qu’aux lois de la physique. Si nos initiatives individuelles restent indispensables, surtout répliquées à l’échelle de nos communautés comme tente modestement de le faire Bruges Urgence Transition, elles ne suffiront pas. Dans un rapport récent, les ingénieurs de la société Carbone 4 ont en effet calculé que les initiatives individuelles pouvaient au mieux constituer un quart des efforts nécessaires pour contenir le réchauffement climatique dans les limites de l’Accord de Paris. Selon eux, les trois-quarts manquants ne pourront être obtenus que par l’action collective.
Si nous savions cela avant le Covid-19, il y a désormais urgence à agir. Dès maintenant, nous devons contraindre nos dirigeants à changer, enfin, le cap du navire humanité. Non plus seulement à freiner sa course vers le prochain iceberg, mais à l’en dérouter. Ce sera rude, à en juger au peu d’effet des manifestations populaires récentes, et notamment des marches pour le climat. Ce sera parfois décourageant, comme cela l’a été pour un certain ministre de l’écologie démissionnaire.
Pour nous aider à initier cette nécessaire pression populaire, commencent à émerger des initiatives dont Bruges Urgence Transition vous propose une liste au bas de cette page, ainsi que des sources d’inspiration et des pistes de réflexion. Nous les enrichirons au fil du temps.
Préparons maintenant la vie que nous voudrons mener demain.

Le président de BUT,
Didier Pouvreau